Le portage salarial séduit de plus en plus de consultants indépendants, notamment parce qu’il offre une protection sociale que le statut de micro-entrepreneur ne peut tout simplement pas égaler. Mais en cas d’arrêt maladie, à combien s’élèvent vraiment les indemnités journalières ? La question mérite d’être posée, surtout depuis une réforme discrète mais significative entrée en vigueur en 2025.
Un statut qui protège, contrairement aux idées reçues
Le salarié porté est rattaché au régime général de la Sécurité sociale via un CDI conclu avec sa société de portage, conformément à la convention collective IDCC 3219. Ce CDI persiste même en l’absence de mission active, ce qui garantit une couverture maladie continue. En cas d’arrêt, les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) sont donc versées dans les mêmes conditions qu’à un salarié classique, après un délai de carence de trois jours. Pour les micro-entrepreneurs, en revanche, aucune indemnité n’est prévue par défaut : il faut souscrire une assurance privée.
Pour ouvrir ses droits, le consultant doit justifier d’au moins 150 heures travaillées au cours des trois derniers mois (ou 600 heures sur 12 mois pour un arrêt dépassant six mois). Un consultant peu actif peut donc se retrouver sans protection, ce qui incite à bien suivre son activité cotisée.
Calcul des IJSS et impact de la réforme de 2025
Le montant des indemnités repose sur le Salaire Journalier de Référence (SJR), calculé en divisant la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois par 91,25. L’indemnité correspond à 50 % de ce SJR. Avec un salaire brut mensuel moyen de 3 000 euros, le SJR s’établit à environ 98 euros, soit une indemnité d’environ 49 euros par jour. Une simulation portage salarial permet d’affiner ce calcul selon sa propre rémunération.
Depuis le décret n°2025-160 du 20 février 2025, entré en vigueur le 1er avril 2025, le plafond de rémunération pris en compte a été abaissé de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel brut. Concrètement, un consultant gagnant plus de 2 522 euros bruts par mois voit ses IJ plafonnées à environ 41,95 euros par jour, là où le plafond atteignait auparavant 53 euros. Cette réforme, peu médiatisée, touche directement les consultants portés dont les taux journaliers se situent entre 600 et 1 200 euros HT, c’est-à-dire la majorité du secteur.
À noter également : en cas d’accident du travail, les règles changent. Le taux grimpe à 60 % du SJR les 28 premiers jours, puis à 80 % à partir du 29e, sans délai de carence ni plafonnement à 1,4 SMIC.
Couvrir les jours non indemnisés : la prévoyance comme filet
Le délai de carence de trois jours reste une zone non couverte par la Sécurité sociale. Certaines sociétés de portage proposent un complément employeur ou un contrat de prévoyance collective permettant de combler, au moins partiellement, cette période sans indemnité. Ce n’est pas systématique : il vaut la peine de vérifier les garanties proposées avant de signer avec une société de portage. Par ailleurs, la CPAM verse les IJ par quinzaine, à partir du 4e jour d’arrêt.
Avec un secteur qui dépasse désormais les 43 000 salariés portés et dont le chiffre d’affaires progresse fortement, la protection sociale liée à ce statut est de mieux en mieux documentée. Pour autant, les changements réglementaires récents rappellent qu’il est utile de recalculer régulièrement ses droits potentiels.

