Prévisions 2025 : quel impact sur les SCPI en baisse ?

En 2023, plus de 40 % des SCPI ont procédé à une révision à la baisse de leur prix de part, un mouvement inédit depuis la création de ce placement collectif. Malgré une collecte nette en repli de 62 %, les encours totaux ont continué de croître, portés par les versements programmés et le réinvestissement des dividendes. Les tensions sur la valorisation des actifs immobiliers s’accentuent, tandis que la réglementation prudentielle impose des ajustements parfois douloureux. Les projections pour 2025 reposent désormais sur la capacité des gestionnaires à adapter leur politique d’acquisition et à préserver la liquidité.

SCPI en 2025 : un marché sous tension face à la baisse des prix

2025 s’avance comme une année-charnière pour les SCPI, déjà ébranlées par la correction des prix de 2023. La dépréciation immobilière continue de frapper, particulièrement le secteur des bureaux en France et sur le continent européen. Les sociétés de gestion, bousculées par la nécessité d’assurer la liquidité tout en repensant leurs stratégies d’acquisition, doivent jouer serré dans un environnement qui ne pardonne pas l’immobilisme. Le placement immobilier collectif, longtemps présenté comme un bastion sécurisé, affronte de plein fouet les mutations du marché.

Les prix des SCPI subissent encore des ajustements. Cette pression sur les valeurs d’expertise bouleverse l’équilibre du secteur, forçant la majorité des SCPI de rendement à revoir leur copie. Plusieurs dynamiques se croisent : hausse des taux directeurs, arbitrages parfois forcés au sein des portefeuilles, transformations rapides des usages immobiliers. L’avenir des sociétés civiles de placement immobilier repose sur leur capacité à saisir les transitions, que ce soit dans les capitales européennes ou au cœur des territoires.

Voici les principales réalités auxquelles les SCPI sont confrontées :

  • Baisse des prix : les gestionnaires réajustent la valeur des actifs et modifient leur approche d’acquisition.
  • Liquidité : les retraits prennent plus de temps, le marché secondaire s’essouffle.
  • Pression réglementaire : la conformité et la transparence exigent des efforts accrus de la part des sociétés de gestion.

La correction immobilière place les SCPI face à leur propre vulnérabilité. Diversification géographique, sélection précise des actifs, réactivité accrue des équipes de gestion : ces leviers dessinent désormais la trajectoire possible d’un placement immobilier qui doit se réinventer pour 2025.

Quels facteurs expliquent la correction des valeurs des parts ?

La baisse du prix des parts de SCPI n’a rien d’accidentel. Plusieurs courants s’entrecroisent et redessinent le paysage. Le moteur principal : la remontée rapide des taux d’intérêt impulsée par la Banque centrale européenne. Ce resserrement monétaire, inédit depuis des années, renchérit l’accès au crédit et refroidit l’appétit des investisseurs. Résultat : les valorisations immobilières fléchissent, entraînant mécaniquement une révision à la baisse des prix de parts SCPI.

Autre point de vigilance, le taux d’occupation financier. Dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Francfort, le marché des bureaux change de visage. Télétravail, arbitrages immobiliers des grands groupes, accélération de l’obsolescence de certains immeubles : autant de facteurs qui fragilisent la distribution des revenus. Les performances passées deviennent de moins en moins pertinentes pour anticiper le futur.

La surveillance renforcée de l’AMF vient s’ajouter à l’équation. Les gestionnaires sont contraints de revoir régulièrement la valeur de leurs actifs, d’actualiser leurs expertises et de s’aligner sur des prix minimums plus réalistes. L’époque des projections optimistes est derrière nous : aujourd’hui, les valeurs d’expertise traduisent l’état réel du marché.

Voici ce qui pèse concrètement sur la valeur des parts :

  • Hausse des taux : la contraction du financement se traduit par une baisse des estimations immobilières.
  • Révision des expertises : les prix minimums des parts s’ajustent sur les nouvelles évaluations.
  • Taux de distribution moyen : la vacance et l’alourdissement des charges pèsent sur le rendement distribué.

Désormais, les taux de rendement interne et la solidité de la collecte ne suffisent plus à rassurer. Cette correction des valeurs traduit à la fois un retour à la normale et une transformation profonde du marché immobilier européen.

Conséquences concrètes pour les investisseurs : risques et opportunités à anticiper

Pour les souscripteurs de SCPI, le contexte actuel bouleverse les repères. La baisse du prix des parts n’a rien d’abstrait : à la revente, certains encaissent une moins-value, tandis que d’autres constatent un recul de la valeur de leur patrimoine, parfois de façon durable. Ce risque de perte en capital n’est plus une théorie lointaine mais un élément à intégrer dès aujourd’hui dans toute décision d’investissement.

Autre évolution, les revenus versés par les SCPI montrent des signes de fragilité. En 2024, le taux de distribution moyen recule, sous l’effet conjugué de la vacance locative et de l’augmentation des charges. Même les SCPI dites de rendement ne font pas exception : le dividende distribué diminue, impactant directement la rentabilité réelle. Pour les investisseurs ayant acquis leurs parts à des niveaux plus élevés, ces ajustements se ressentent avec d’autant plus d’acuité.

Mais ce contexte n’est pas sans ouvrir quelques perspectives. La correction du prix des SCPI peut aussi jouer en faveur de ceux qui savent lire les cycles. Certains investisseurs profitent de points d’entrée plus abordables, à des niveaux de souscription revus à la baisse, pour bâtir ou renforcer leur portefeuille immobilier. D’autres misent sur un rebond futur, convaincus que les gestionnaires sauront repositionner les actifs sur des secteurs porteurs, en France et ailleurs en Europe.

La fiscalité, elle, reste un paramètre structurant : qu’il s’agisse d’un investissement en direct ou via une assurance-vie, l’impact fiscal pèse sur le rendement net et conditionne bien souvent l’arbitrage entre différents supports. Dans un marché immobilier devenu volatil, la vigilance et l’analyse sur le long terme s’imposent plus que jamais.

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Quelles stratégies adopter face aux incertitudes de 2025 et 2026 ?

Quand la volatilité s’installe et que le prix des parts de SCPI recule, agir sans recul n’apporte rien de bon. Le temps où il suffisait de se fier à une rentabilité passée ou au nom d’une société de gestion est révolu. La tendance va à la diversification, tant géographique que sectorielle, avec un intérêt croissant pour les SCPI exposées à l’Europe du Nord ou à l’Allemagne, moins heurtées par la correction en cours.

Les stratégies d’arbitrage gagnent du terrain. Certains cèdent des parts en difficulté pour réinvestir sur des supports offrant plus de perspectives de revalorisation. D’autres surveillent de près le taux d’occupation financier et la solidité des locataires avant tout repositionnement. Pour alléger la facture fiscale, investir via une assurance-vie ou un PER reste une option recherchée. Le démembrement temporaire, nue-propriété pour certains, usufruit pour d’autres, attire ceux qui préparent une transmission ou souhaitent maîtriser le calendrier de perception des revenus.

Voici quelques pistes à considérer pour traverser cette période chahutée :

  • Diversification : répartir ses placements entre différentes sociétés civiles de placement immobilier, secteurs et zones géographiques.
  • Optimisation fiscale : utiliser l’assurance-vie ou le PER pour loger ses parts et améliorer le rendement net.
  • Démembrement : préparer la transmission ou ajuster la perception des revenus grâce à la nue-propriété ou l’usufruit temporaire.

La discipline reste de mise : observer la transparence de gestion, interroger la stratégie d’arbitrage, et mesurer la capacité d’adaptation des SCPI au fil des évolutions du marché européen. Désormais, la gestion du patrimoine n’a plus rien d’une routine : elle s’écrit dans la durée, avec patience, lucidité et un œil ouvert sur chaque virage du marché.